Le shampoing

Aujourd’hui, nous allons parler cheveux, désolée pour les chauves. Et autant vous le dire d’emblée: les cheveux , c’est la merdasse. Après moult essais plus ou moins concluants, je vous livre mes conclusions. Ceci est donc une étude scientifique très sérieuse basée sur un échantillon de une personne (mais c’est moi quand même) et étoffée de quelques témoignages de proches. Du solide quoi! Ça tombe bien, on va y venir, au solide.

Tout d’abord, avant même de parler de type de shampoing, il est important d’espacer les shampoings et cela pour deux raisons. Premièrement, pour économiser du shampoing, c’est tout bête mais il fallait le dire. Deuxièmement, pour arrêter de se décaper le cuir chevelu, parce qu’il fait quoi le pauvre cuir chevelu agressé par des lavages trop fréquent? Du sébum, autrement dit du gras, et même si le gras, c’est la vie, on a pas trop envie d’en avoir plein les cheveux donc on les lave encore plus souvent et c’est le cercle vicieux. Evidemment, on ne va pas passer du shampoing quotidien au shampoing mensuel du jour au lendemain, personne n’a envie de ressembler à une friteuse pour aller au boulot et prétendre quand même avoir la classe. N’est pas Robert Pattinson qui veut (oui je sais, je casse un mythe, ça marche aussi avec Johnny Depp, mais pas avec Orlando Bloom, les elfes n’ont pas les cheveux gras).

robert-pattinson-cheveux-gras

Alors comment s’y prendre? On fait le point et on se fixe un objectif réalisable en fonction de sa nature de cheveux (quitte à le changer par la suite). Pour moi, c’est un shampoing par semaine, j’ai les cheveux à tendance grasse (personne n’est parfait). On décale petit à petit son prochain lavage de cheveux et on brosse. Et quand je dit on brosse, on brosse. Cinq bonnes minutes avec une brosse à poils, et pas à picots, matin et soir, la tête à l’endroit et la tête à l’envers. Et pourquoi donc? Pas pour les démêler (d’ailleurs les brosses à poils, ça démêle que dalle, je vous conseille un bon coup de peigne  ou de brosse à picots avant, surtout si vous avez les cheveux longs) mais pour étaler le sébum produit par votre cuir chevelu sur toute la longueur des cheveux. Parce qu’il sert à ça le sébum, à protéger les cheveux jusqu’au bout et pas à stagner en mode saindoux sur vos racines pendant que vos pointes crient famine. Non, vous n’aurez pas l’impression de tartiner vos cheveux de beurre, ça se passe à une échelle microscopique.

On peut utiliser un shampoing sec, fait maison bien sûr, pas un truc en bombe cracra de chez l’auréole. Recette du shampoing sec: farine de maïs + cacao en poudre pour les brun·e·s, paprika pour les roux·sses. Proportions à varier en fonction de la couleur, perso je mets 2/3 de maïs et 1/3 de cacao, mais c’est pas non plus un truc qui demande une grande précision. A appliquer sur les racines, mèche par mèche, avec un gros pinceau à blush pour ne pas en mettre trop et bien brosser après (oui encore) pour enlever l’excédent.

Enfin dernière technique, genre la veille du shampoing, s’attacher les cheveux, mettre un chapeau, un foulard, une casquette, un turban ou s’en foutre (technique perso empruntée aux stars, voir plus haut).

Ensuite, quel shampoing choisir? Comme d’habitude, on évite les ingrédients toxiques, sodium laureth sulfate, méthylisotiazolinone, parabens, PEG et compagnie. Puis on essaye de se passer d’emballage, pas d’emballage c’est toujours mieux qu’un emballage recyclable (qui ne le sera qu’une fois en général). Deux choix s’offrent à vous: le shampoing liquide en vrac et le shampoing solide. Le shampoing liquide en vrac est globalement assez difficile à se procurer, s’il y en a dans votre coin et qu’il vous convient, profitez-en, pensez juste à utiliser un contenant en verre ou en métal une fois que votre ancien flacon en plastique sera complètement décédé après plusieurs remplissages.

Le shampoing solide se démocratise et on le trouve assez facilement. Attention quand même à l’emballage, certains sont vendus dans un sachet plastique (ceux qui vendent ça n’ont rien compris). En gros, il existe deux types de shampoings solides: les saponifiés à froid et ceux contenant du SCI (sodium cocoyl isethionate) ou du SCS (sodium coco sulfate).

Les saponifiés à froid ne sont jamais rien d’autre qu’un savon, mais formulé pour les cheveux. Dans l’absolu c’est une bonne idée, notamment pour éviter les tensio-actifs, mais dans la pratique, si vous avez les cheveux gras, oubliez. Ils sont surgras et à réserver aux cheveux secs si vous ne voulez pas vous retrouver avec les cheveux poisseux (c’est du vécu).

Les tensio-actifs, les fameux SCI et SCS donc, sont là pour faire mousser. Parce que c’est ça le nerf de la guerre, la mousse. Les shampoings solides (et la plupart des liquides bio) moussent peu, voire pas du tout, et en tout cas beaucoup moins que les shampoings classiques. Mais ce n’est pas parce que ça ne mousse pas que ça ne lave pas et inversement, contrairement à ce qu’on nous fait croire. C’est un cap difficile à passer psychologiquement, mais il va falloir le faire. Oubliez ça.

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Le SCI et le SCS sont issus de l’huile de coco, contrairement au sodium laureth sulfate et ses potes qui eux sont issus de l’huile de palme (et oui, elle est partout). Ils sont beaucoup moins irritants mais préférez le SCI, le SCS reste quand même un sulfate.

Parlons enfin de la technique, car on ne se lave pas les cheveux avec un shampoing solide comme avec un shampoing classique. J’ai essayé et croyez-moi sur parole, ce n’est pas une bonne idée. Voici ma tête après mon premier shampoing solide:

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Mes cheveux étaient à la fois secs, gras, poisseux et impossibles à démêler. Comme tout le monde ne peut pas se lancer dans une carrière de sosie de Robert Smith (The Cure, pour ceux qui ne l’auraient pas reconnu, Bobby pour les intimes), j’ai dû trouver des solutions.

Premièrement, ne mettez pas trop de shampoing. On est tenté·e d’en rajouter parce que raahhh, ça ne mousse pas. C’est normal. Mouillez le shampoing, frottez-le vite fait sur le crâne en faisant le tour et c’est tout. Inutile d’en mettre sur les longueurs, elles ne sont pas grasses ou sales et le shampoing qui va couler le long des cheveux pendant le rinçage est suffisant (à moins de les avoir trempés dans de la pâte à crêpe).

Deuxièmement, ne frottez pas comme des malades. D’abord ça ne moussera pas plus. Ensuite vous allez tout emmêler et irriter votre cuir chevelu et qu’est-ce qu’il fait le cuir chevelu quand il est pas content? Du sébum! On frotte gentiment les racines du bout des doigts et on ferme les yeux pour imaginer que ça mousse à mort.

Troisièmement, on utilise un après-shampoing maison, super fastoche super pas cher super efficace, qui rendra vos cheveux doux et brillants. Recette: 2 cuillères à soupe de vinaigre de cidre dans un litre d’eau froide (j’insiste), moitié moins pour les cheveux courts. A utiliser comme dernier rinçage. L’odeur de vinaigre se dissipe très rapidement. Et tadam!

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Bon ok, quand même pas. Une dernière chose, ne laissez pas traîner votre savon sous la douche. Rangez-le à l’abri de l’humidité pour qu’il sèche bien (le mien est dans un panier suspendu au dessus du lavabo). Inutile qu’il soit mouillé tous les jours s’il ne sert qu’une fois par semaine, il s’userait trop vite pour rien et ce serait dommage car le savon solide dure longtemps, très très longtemps. C’est d’ailleurs un de ses points forts et ça contrebalance son coût d’achat souvent plus élevé qu’un shampoing classique.

En ce moment, j’utilise un shampoing solide de Wash Wash Cousin, une savonnerie artisanale namuroise et il est top. Il y a plein d’autres artisans savonniers, dans tous les coins de Belgique, de France et de Navarre (d’ailleurs quelqu’un sait où c’est la Navarre, non parce qu’on dit toujours ça mais on ne sait toujours pas où c’est) et ils vendent souvent en vrac eux-même ou dans les magasins bio ou de vrac. Quelques marques en vrac: l’Arbre à savon, Kari’T Care, le Retour du savon, Pachamamaï, Lamazuna… Oui ça fait beaucoup de vracs mais j’aime le vrac.

Alors je vois pointer une remarque: le SCI et le SCS issus de l’huile de coco, c’est pas super local ni super écolo, la culture des cocotiers commençant à ressembler à celles des palmiers à huile. Oui, c’est vrai. Mais on ne trouve pour l’instant rien d’autre sur le marché. Je pourrais me lancer dans les préparations maison mais je n’en suis pas encore là, un jour peut-être. Notez aussi que beaucoup de recettes maison contiennent du SCI. Je n’ai pas encore essayé le shamp’œuf, la farine de pois chiche ou, but ultime, le no poo. Là aussi, un jour peut-être. On pratique déjà le no poo pour les enfants, c’est à dire pas de shampoing ou très très rarement (rapport à la pâte à crêpe), un coup d’eau, un coup de brosse et c’est tout.

En conclusion, l’entretien des cheveux en respectant sa santé et l’environnement n’est pas simple mais j’espère que cet article vous aura éclairé sur ce chemin obscur.

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